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Arrêt maladie longue durée : vos droits et indemnités journalières

Un arrêt maladie qui s'inscrit dans la durée soulève des questions concrètes : combien vais-je toucher, pendant combien de temps, que doit faire mon employeur ? Voici ce que vous devez savoir en tant que salarié confronté à une interruption de travail prolongée pour cause de maladie.

Un arrêt maladie qui s’inscrit dans la durée soulève des questions concrètes : combien vais-je toucher, pendant combien de temps, que doit faire mon employeur ? Voici ce que vous devez savoir en tant que salarié confronté à une interruption de travail prolongée pour cause de maladie.

En résumé :

  • Les indemnités journalières sont versées après un délai de carence de 3 jours pour toute maladie non professionnelle.
  • En cas d’ALD, cet arrêt peut durer jusqu’à 3 ans.
  • Votre contrat de travail est suspendu, non rompu.
  • Un accompagnement gratuit existe pour préparer votre reprise ou une reconversion, notamment dans le Grand Est.
    Retrouvez d’autres guides pratiques sur l’emploi et la formation dans
    nos guides pratiques Mon CEP Grand Est.

 

Qu’est-ce qu’un arrêt maladie de longue durée ?

Un arrêt de travail longue durée est une période d’inexécution du contrat de travail dépassant six mois consécutifs, prescrite par un médecin pour cause de maladie.
La maladie de longue durée se distingue des arrêts courts par ses règles d’indemnisation spécifiques et les protections qu’elle ouvre au salarié.

Quelle est la durée maximale d’un arrêt maladie ? Pour une maladie non professionnelle ordinaire, les indemnités journalières sont versées sur 360 jours maximum sur une période de 3 ans glissants.
Pour un salarié reconnu en affection de longue durée (ALD), l’indemnisation peut atteindre
3 ans de manière continue.

Un accident du travail ou une maladie professionnelle relèvent d’un régime distinct, plus protecteur.
Les arrêts liés à ces situations ne sont pas soumis aux mêmes plafonds.

 

Indemnisation : combien touche un salarié en arrêt de travail ?

Les indemnités journalières sont versées par l’assurance maladie après un délai de carence de 3 jours.
Ce délai de carence de 3 jours s’applique à tout un arrêt de travail pour maladie non professionnelle — les 3 premiers jours ne sont donc pas indemnisés par la Sécurité sociale.

Pour percevoir des indemnités journalières, le salarié doit être affilié à l’assurance maladie depuis au moins 12 mois et avoir cotisé sur un salaire suffisant au cours des mois précédant l’arrêt de travail.

Calcul des indemnités journalières :

élément détail
base de calcul 50 % du salaire journalier de base
référence salaire brut moyen des 3 mois précédant l’arrêt
salaire maximum pris en compte 1,8 SMIC (≈ 41,47 € brut/jour en 2025)

 

Les indemnités journalières versées par l’assurance maladie couvrent environ la moitié du salaire.
La perte de salaire pendant l’arrêt peut être partiellement compensée par un complément versé par l’employeur ou par une prévoyance collective.

 

ALD : affection de longue durée, un régime spécifique

Une affection de longue durée (ALD) désigne une maladie grave et chronique reconnue par la caisse primaire d’assurance maladie.
Les ALD permettent une indemnisation bien au-delà du plafond de 360 jours applicable aux arrêts ordinaires.

Les ALD exonérantes (liste de 30 pathologies : cancers, diabète, insuffisance rénale chronique…) permettent une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie. Une affection de longue durée exonérante ouvre droit au versement des indemnités journalières pendant 3 ans maximum.

Les ALD non exonérantes n’ouvrent pas droit à l’extension des indemnités journalières au-delà de 360 jours.
Elles permettent en revanche la prise en charge de certains frais de transport liés à la maladie.

Les ALD sont un levier essentiel pour le salarié dont la longue maladie s’étend dans le temps.
Le médecin traitant peut mettre en arrêt maladie et initier la demande de reconnaissance auprès du médecin-conseil de l’assurance maladie, qui évalue la capacité de travail du patient.

 

Maintien de salaire : les obligations de l’employeur

Pendant toute la durée d’un arrêt de travail pour maladie non professionnelle, l’employeur est légalement tenu de verser des indemnités complémentaires, sous réserve que le salarié en arrêt maladie justifie d’au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise.

 

Règle légale minimale (article L1226-1 du Code du travail) :

ancienneté période niveau de maintien
1 à 5 ans 30 premiers jours 90 % du salaire brut
1 à 5 ans 30 jours suivants 2/3 du salaire brut
plus de 5 ans durée progressivement augmentée selon ancienneté*

*À partir de 6 ans d’ancienneté, la durée augmente de 10 jours par tranche de 5 ans, dans la limite de 90 jours par niveau (art. L1226-1 C. trav.).

Un salarié en arrêt de travail perçoit ainsi un salaire au moins égal à ce que prévoit la loi. La convention collective peut prévoir des conditions plus avantageuses — vérifiez la vôtre, car elle peut significativement améliorer le salaire pendant l’arrêt maladie.

L’employeur ne peut pas contester le bien-fondé médical de l’arrêt. Cette prérogative appartient uniquement au médecin-conseil de l’assurance maladie.

Protection du contrat de travail et rupture possible

Un arrêt maladie longue durée entraîne une suspension temporaire du contrat de travail, pas sa rupture.
Être en arrêt de travail ne met pas fin aux droits du salarié.

La loi interdit tout licenciement motivé par la maladie seule — ce serait une discrimination.Toutefois, la rupture du contrat de travail reste possible si l’absence perturbe gravement le fonctionnement de l’entreprise et nécessite un remplacement définitif.

À l’issue de l’arrêt, la reprise du travail implique une visite médicale obligatoire.
Si le médecin du travail peut constater une inaptitude définitive, l’employeur doit alors rechercher un reclassement avant d’engager toute rupture.
Le médecin du travail peut aussi proposer un aménagement de poste ou un temps partiel thérapeutique pour faciliter le retour.

Cette période peut être mise à profit pour réfléchir à un projet professionnel. Réaliser un bilan de compétences peut aider à clarifier vos pistes.
Un conseiller peut aussi vous aider à préparer votre reprise via notre accompagnement Mon CEP.

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FAQ : vos questions sur l’arrêt maladie longue durée

Quelle est la durée maximale d’indemnisation pour un arrêt maladie ordinaire ?
360 jours sur une période de 3 ans glissants.
Pour une ALD, les 3 ans d’indemnisation peuvent être continus.

Le délai de carence s’applique-t-il à chaque nouvel arrêt ?
Non. Les arrêts maladie liés à la même pathologie, espacés de moins de 48 heures, ne déclenchent pas une nouvelle carence de 3 jours.

Mon employeur peut-il me licencier pendant mon arrêt ?
Pas au motif de la maladie.
Si cet arrêt perturbe le fonctionnement de l’entreprise et exige un remplacement définitif, un licenciement pour motif réel et sérieux reste possible.

Comment obtenir une reconnaissance ALD ?
Votre médecin traitant soumet une demande à la CPAM.
Les ALD exonérantes (30 pathologies listées) ouvrent les droits les plus étendus, notamment en cas d’arrêt maladie de longue durée.

Les indemnités journalières sont-elles imposables ?
Partiellement, pour les maladies ordinaires.
Pour les salariés en ALD exonérante, une exonération fiscale existe — à confirmer auprès de votre service des impôts ou d’un conseiller fiscal, en particulier au regard des évolutions budgétaires prévues pour 2026.

Que se passe-t-il au-delà des 3 ans ?
Le versement des indemnités journalières s’arrête.
D’autres dispositifs peuvent prendre le relais : la pension d’invalidité assure un revenu de remplacement.
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ouvre, quant à elle, des droits spécifiques en matière d’emploi et de formation.

Puis-je me former pendant une période d’arrêt maladie ?
Sous conditions médicales et avec l’accord du médecin traitant, certains dispositifs restent accessibles.
Un
projet de transition professionnelle peut par exemple être préparé en amont, tout comme une reconversion professionnelle dans le Grand Est construite avec un conseiller.

Où trouver un accompagnement gratuit dans le Grand Est ?
Le service Mon CEP par Avenir Actifs propose un suivi gratuit, neutre et confidentiel, disponible sur 71 sites dans toute la région.
Un premier rendez-vous peut être fixé en moins de 10 jours :
demandez à être rappelé pour démarrer dès cette semaine, ou trouvez le site d’accueil le plus proche de chez vous parmi les 71 points de présence dans le Grand Est.

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En résumé

  • Un arrêt de travail longue durée dépasse 6 mois et ouvre des droits spécifiques.
  • Les indemnités journalières représentent 50 % du salaire journalier de base, versées après un délai de carence de 3 jours.
  • L’ALD permet une indemnisation renforcée, avec des avantages distincts selon qu’elle est exonérante ou non.
  • Le contrat de travail est suspendu, non rompu.
  • L’employeur est tenu de maintenir une partie du salaire selon votre ancienneté.
  • Un accompagnement gratuit, de proximité et confidentiel existe en Grand Est pour préparer la reprise ou envisager une reconversion. Lisez les témoignages de salariés accompagnés par Mon CEP dans des situations similaires.

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